Architecture et économie circulaire : repenser la rénovation des Ehpad à moindre coût
Les Ehpad constituent un patrimoine architectural et humain essentiel mais fragilisé. Derrière les crises médiatisées liées au manque de personnel ou à la dépendance croissante des résidents, une autre réalité se dessine : celle d'une crise constructive et financière qui écorne leur avenir.
En France, on compte près de 7 500 établissements, dont environ 60 % ont été construits avant 1995[1]. Ces bâtiments sont marqués par l'usure, les normes (parfois obsolètes), et des consommations énergétiques très au-dessus des seuils actuels. L'entretien atteint en moyenne 500 €/m²/an[2], ce qui représente pour un Ehpad de 80 lits plus de 400 000 € de charges récurrentes. La flambée des coûts de l'énergie (+40 % en cinq ans[3]), la hausse du prix du foncier dans les zones urbaines et le renchérissement des prestations sous-traitées aggravent encore la situation.
Nassim MOUSSI
Architecte - ESTP
Le contexte semble esquisser un problème autant budgétaire qu'architectural. Les Ehpad sont financés par une tarification jugée obsolète par la Cour des comptes [4] , qui contraint leurs recettes alors même que leurs dépenses augmentent mécaniquement. Selon l'ANAP, leur capacité d'autofinancement nette oscille entre 0 et 2 % du budget annuel [5] , soit une quasi-impossibilité de financer une rénovation dite lourde. Or, celle-ci représente entre 9 et 13 millions d'euros pour un établissement d'une échelle moyenne de 80 l (...)
