Pilotage Stratégique

Architecture et économie circulaire : repenser la rénovation des Ehpad à moindre coût

Publié dans le N°6 - Janvier 2026
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Les Ehpad constituent un patrimoine architectural et humain essentiel mais fragilisé. Derrière les crises médiatisées liées au manque de personnel ou à la dépendance croissante des résidents, une autre réalité se dessine : celle d'une crise constructive et financière qui écorne leur avenir.

En France, on compte près de 7 500 établissements, dont environ 60 % ont été construits avant 1995[1]. Ces bâtiments sont marqués par l'usure, les normes (parfois obsolètes), et des consom­ma­tions énergétiques très au-dessus des seuils actuels. L'entretien atteint en moyenne 500 €/m²/an[2], ce qui représente pour un Ehpad de 80 lits plus de 400 000 € de charges récurrentes. La flambée des coûts de l'énergie (+40 % en cinq ans[3]), la hausse du prix du foncier dans les zones urbaines et le renchérissement des prestations sous-traitées aggravent encore la situation.

Nassim MOUSSI

Architecte - ESTP

L'Ehpad, pilier social, mais édifice fissuré par le temps et les coûts.
Le contexte semble esquisser un problème autant budgétaire qu'architectural. Les Ehpad sont financés par une tarification jugée obsolète par la Cour des comptes [4] , qui contraint leurs recettes alors même que leurs dépenses augmentent mécaniquement. Selon l'ANAP, leur capacité d'autofinancement nette oscille entre 0 et 2 % du budget annuel [5] , soit une quasi-impossibilité de financer une rénovation dite lourde. Or, celle-ci représente entre 9 et 13 millions d'euros pour un établissement d'une échelle moyenne de 80 l (...)

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